Cinéma historique

Le Département d'histoire est particulièrement fier de restaurer, dès le trimestre d'automne 2015, le Cinéma historique qu'organisait jadis le Réseau Histoire de l'UQAM. En collaboration avec la Cinémathèque québécoise, où les projections désormais se tiendront, le Département d'histoire présentera à chaque trimestre un film qui sera introduit par une professeure ou un professeur. 

Réfléchir le cinéma par l'histoire, c'est ouvrir un dialogue sur la construction du temps, sur la reconstitution et la représentation, sur l'archive audio-visuelle bien sûr, mais aussi sur la mémoire et les publics qui en sont les porte-parole.

 


 

M le Maudit (1931). Un film de Fritz Lang

m movie

14 octobre 2015, 14h00, Cinémathèque québécoise.

L'art expressionniste trouve son public après la Grande Guerre et gagne le cinéma en 1919, avec le célèbre Das Cabinet des Dr. Caligari (Le Cabinet du docteur Caligari) de Robert Wiene. C'est à travers les dessins et les décors des "Filmarchitekte" (les architectes du film) que l'art expressionniste se prolonge dans le cinéma allemand, plus finement et discrètement que le caligarisme, jusqu'au début des années 1930.  Il laisse alors son empreinte par la lumière et les ombres, les acteurs et le scénario - notamment à travers la psychologie allemande, volontiers morbide, et son attirance pour les fondements mêmes de l'être.

"M" est le premier film parlant de Fritz Lang. Le son joue un rôle moteur dans l'action, oriente l'intrigue et contribue magistralement à l'atmosphère étouffant de la mise en scène. En 1930, un meurtrier d'enfants terrorise Düsseldorf. Introuvable, il sème la panique dans la population, le désarroi dans la police, l'impatience et le mépris dans la pègre.  C'est donc toute une ville qui se lance à sa poursuite et qui interrogera, au final, la responsabilité de chacun dans l'horreur et le crime.

Le film est présenté par Pascal Bastien.

Bande-annonce.


 

La Grande Illusion (1937). Un film de Jean Renoir

la grande illusion

20 janvier 2016, 14h00, Cinémathèque québécoise.

"Souvent cité parmi les films les plus importants du XXe siècle, La Grande Illusion est le symbole d’un cinéma universel et pacifiste. À travers les aventures du lieutenant Maréchal, le soldat mécano immortalisé par Jean Gabin, c’est l’amitié naturelle entre des personnages très différents et contre tout système qui est ici racontée.  Interdit en France à partir de 1940 pour son absence d’idéologie patriotique, le film fut également banni en Allemagne par Goebbels qui le désigna « ennemi cinématographique numéro un ».

Pourtant, La Grande Illusion a traversé les années en s’imposant comme une référence incontournable, révélant à chaque époque de nouvelles possibilités de lecture."

Extrait tiré du site 'Centenaire.org' ouvrant la commémoration de la Première Guerre mondiale.

Le film est présenté par Andrew Barros.

Bande annonce.

 


 

Rashômon (1950). Un film de Akira Kurosawa

Rashomon

17 février 2016, 14h00, Cinémathèque québécoise.

On répète à l'envi que cette oeuvre charnière de Kurosawa, Lion d'or à Venise et Oscar du meilleur film étranger en 1951, fut à l'origine de l'intérêt du public occidental pour le cinéma japonais. Rashômon est le récit d’un fait divers (le meurtre d’un samouraï et le viol de sa femme par un bandit) raconté selon six points de vue différents, dont celui du fantôme de la victime. Un procédé novateur à l’époque pour montrer la subjectivité de la réalité ; et une remarquable opportunité pour l'historien pour réfléchir à la critique des sources et à la valeur documentaire des témoignages.

Le film sera projeté en langue originale japonaise, avec sous-titre français.

Le film est présenté par Olga Alexeeva.

Bande annonce.

 


The Name of the Rose (1986). Un film de Jean-Jacques Annaud

name of the rose

28 septembre 2016, 14h00, Cinémathèque québécoise.

"Arrivé au terme de ma vie de pécheur, tandis que chenu, vieilli comme le monde, dans l'attente de me perdre en l'abîme sans fond de la divinité silencieuse et déserte, participant de la lumière immuable des intelligences angéliques, désormais retenu dans mon corps lourd et malade dans cette cellule de mon cher monastère de Melk, je m'apprête à laisser sur ce vélin témoignage des événements admirables et terribles auxquels dans ma jeunesse il me fut donné d'assister, en répétant verbatim tout ce que je vis et entendis, sans me hasarder à en tirer un dessein, comme pour laisser à ceux qui viendront (si l'Antéchrist de les devance) des signes de signes, afin que sur eux s'exerce la prière du déchiffrement".

Adso de Melk, dans Le Nom de la Rose d'Umberto Eco.

Le film sera présenté par Piroska Nagy.

Sur l'écriture historienne de Jean-Jacques Annaud.