PUBLICATIONS

Mes Tablettes. Journal d'un apothicaire montréalais, 1820-1850

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FERNANDE ROY

Montréal, Leméac, 2016, 772 pages

Dans son journal, Romuald Trudeau note ce qu'il lit, voit ou entend dans sa boutique d'apothicaire, rue Saint-Paul, à Montréal. Il entremêle courts et longs récits, racontars, observations personnelles, statistiques, anecdotes et poèmes. On y découvre l'univers culturel d'un jeune professionnel issu d'un collège sulpicien. Ce rare document éclaire avec beaucoup de sensibilité la société bas-canadienne.

Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés, 1500-1789

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BENJAMIN DERUELLE (avec CAMILLE BLACHÈRE, AURÉLIEN RUELLET et PIERRE TEISSIER)

Paris, Atlande, 2016. 576 pages

La période qui court de la fin du Moyen Âge aux Lumières en Europe a été privilégiée par les recherches en histoire des sciences et en histoire des techniques parce que la science classique et les académies ont compté parmi les principaux terrains de recherche de l’histoire sociale et politique des sciences et parce que l’invention technique a été identifiée comme cruciale dans la légitimation des pouvoirs politiques (locaux, centraux) depuis le XVe siècle, en même temps que s’affirmait la figure des ingénieurs, au service des puissants. Ce manuel d'introduction à l'histoire des sciences et techniques investit le coeur de la révolution scientifique – c’est-à-dire le moment où s’impose la nouvelle pratique expérimentale et l’établissement de la vérité scientifique dans le cadre du laboratoire – et cible pour terrain d’exercice majeur un espace situé entre France, Angleterre et péninsule italienne, l’ajout des Pays Bas permettant de faire jouer les échelles en ajoutant un espace plus modeste mais innovant.

Vietnam, A New history

9780465094363

CHRISTOPHER GOSCHA

Basic Books. New York, 2016, 552 p.

Dans cet ouvrage, Christopher Goscha parcourt l’ensemble des faits historiques qui ont présidé à la création de l’Etat moderne du Vietnam, depuis l’antiquité jusqu'à nos jours. Des générations d’empereurs, de rebelles, de prêtres et de colonisateurs ont laissé des héritages complexes dans ce remarquable pays. L’ensemble des périodes de domination chinoise, française et japonaise ont refaçonné et modernisé le Vietnam, mais il en a été de même avec les aventures coloniales entreprises par les Vietnamiens eux-mêmes, et ces collisions impériales ont érigé un Vietnam parsemé de multiples cultures et populations. Au cours des siècles, bon nombre de royaumes, de dynasties et d’état ont régné – se sont battus pour- ce qui est le Vietnam. Le conflit sanglant entre la République démocratique du Vietnam d’Ho Chi Minh et la République du Vietnam soutenue par les États-Unis demeure le récent exemple d’une guerre civile qui, à la fois, a divisé et transformé le Vietnam jusqu'à nos jours.

L'impossible dialogue

L'impossible dialogue

YVES GINGRAS

Sciences et religions. Montréal, Boréal 2016, 352 pages.

Cet essai est né d’une interrogation : comment expliquer le retour en force, depuis les années 1980-1990, de la question des relations entre science et religion et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes ?

L’historien des sciences Yves Gingras analyse d’abord les limites théologiques de l’autonomie de la recherche scientifique au XVIIe siècle. Il retrace ensuite la longue histoire allant de la condamnation de Galilée pour hérésie en 1633 jusqu’à sa réhabilitation par Jean-Paul II après plus de trois cent cinquante ans de revendications en ce sens par les savants européens. Il montre enfin comment Dieu et la théologie naturelle sont devenus marginaux dans le champ scientifique au cours des XVIIIe et XIXe siècles, à mesure que la pensée scientifique naturaliste s’est étendue à la géologie, à l’histoire naturelle, aux origines de l’homme et à l’histoire des sociétés et des religions.

Face à la montée de mouvements religieux et spirituels néoromantiques qui rejettent les acquis des recherches scientifiques les mieux établies, l’auteur en appelle à prendre le parti de la raison.

Le livre paraît aussi aux Presses Universitaires de France.

 

Les Chinois à Saint-Pétersbourg

Alexeeva

OLGA V. ALEXEEVA

Histoire et portrait d'une communauté en mutation. Montréal, Presses de l'Université du Québec, coll. Asies contemporaines, 2015, 246 pages.

De deux à cinq millions de Chinois seraient présents aujourd’hui sur le territoire russe. Qui sont ces migrants? Quelles raisons les poussent à choisir la Russie comme pays d’accueil? Quelles sont leurs activités principales et comment s’insèrent-elles dans les tissus économiques locaux? Qu’en est-il de la vie associative au sein de cette population ? Quelle politique la Russie a-t-elle adoptée à l’égard de cette nouvelle population ? Comment la population locale russophone réagit-elle à la présence de migrants chinois en Russie?

Basé sur des informations qualitatives et quantitatives originales recueillies lors de quatre missions de terrain en Chine et en Russie, cet ouvrage dresse le portrait de la communauté chinoise à Saint-Pétersbourg et, à travers elle, celui de la diaspora chinoise en Russie. L’auteure analyse le processus de formation d’une communauté ethnique, son évolution dans le temps et en fonction des différents facteurs sociopolitiques et économiques, sa place au sein de la société d’accueil et ses perspectives de développement.

 

Sensible Moyen Âge. Une histoire des émotions dans l'Occident médiéval

9782020976459

PIROSKA NAGY et DAMIEN BOQUET

Paris, Seuil, coll. L'Univers historique, 2015, 480 pages.

Que peut-on savoir de la vie affective du Moyen Âge ? Sur ce sujet longtemps négligé, les sources sont pourtant nombreuses : la littérature profane et spirituelle, l’iconographie, les chroniques, mais aussi la théologie et la médecine nous livrent mille indices sur la place des émotions dans la vie sociale.

De la colère d’un puissant à l’indignation du petit peuple, de la honte démonstrative d’une sainte à la crainte de la honte d’un grand, de l’amitié entre moines à la souffrance à l’imitation du Christ, de l’enthousiasme d’un groupe de croisés à la peur d’une ville entière face à la guerre ou à la peste qui approche, les exemples sont multiples. L’émotion n’est pas l’expression d’une confusion des esprits ni d’un chaos des règles sociales. Tous ces éclats de joie et de douleur, signes d’une humanité entière, produisent du sens qui ne se comprend que dans son contexte. Tout au long du millénaire médiéval, un modèle chrétien d’affectivité, élaboré à petite échelle dans les laboratoires monastiques, se construit, se répand, pénètre la société, tout en interagissant avec d’autres modèles, déjà présents ou en voie de construction parallèle, comme celui de la culture de cour.

L'émotion au Moyen Âge irrigue les relations sociales, dans une diversité d’interprétations et une vitalité culturelle qui impressionnent.

Indochine ou Vietnam?

Goscha

CHRISTOPHER E. GOSCHA

Paris, Vendémiaire, 2015, 192 pages.

« L’Indochine française est formée de cinq merveilleux départements : la Cochinchine, le Cambodge, l’Annam, le Tonkin, le Laos »… Tel était le message que l’on pouvait trouver dans un ouvrage destiné, à la fin du XIXe siècle, aux enfants des écoles de cette nouvelle colonie française.

Puis vinrent la Seconde Guerre mondiale et les décolonisations, dans un mouvement de l’histoire qui paraît simple et linéaire : de l’effondrement d’un empire à l’indépendance des territoires conquis, d’une mosaïque de peuples arbitrairement réunis à la construction d’États modernes… Pourtant, les anciens colonisés continuèrent longtemps à se penser eux-mêmes comme des Indochinois. Un effet de l’éducation dispensée pendant des décennies, sans doute. Mais aussi de l’expansionnisme vietnamien, et de la longue association de ce peuple avec les colonisateurs dans l’administration des territoires. De fait, les Vietnamiens, tous horizons politiques confondus, furent bien plus enclins qu’on ne le croit à construire leur nouvelle identité sur l’ancien modèle colonial. Beaucoup trouvèrent dans la révolution et la lutte pour l’indépendance un motif d’asseoir leur domination sur les autres États de la région…

Une étude inédite sur l’identité indochinoise, qui invite à repenser l’histoire coloniale de la péninsule.

Wall Flower, de Rita Kuczynski

Wall Flower

Traduit par ANTHONY J. STEINHOFF

A Life on the German Border, Toronto, University of Toronto Press, 2015, 200 pages.

Les Mémoires exceptionnels et francs d'une expérience de vie parmi l'intelligentsia est-allemande, Wall Flower raconte la vie de Rita Kuczynski à Berlin pendant les années suivant l'édification du mur de Berlin, de son travail d'ouvrière dans une manufacture d’ampoules électriques et ses études à l’Institut de philosophie de la Humboldt Université, jusqu’à sa présence aux anniversaires de l’élite politique est-allemande.  Récit lyrique et sensible de la vie dans l’ancienne République démocratique allemande, ce livre nous offre les observations vives et critiques d’une personne qui, vivant au coeur de l'État est-allemand, se sentait toujours étrangère à l’Est.

Crisis in the Later Middle Ages

Drendel

dirigé par JOHN DRENDEL

Beyond the Postan-Budy Paradigm. Brepols, collection "The Medieval Countryside", 2015, 368 pages.

Les contributions réunies dans ce volume sont issues du premier de cinq colloques internationaux consacrés à la conjoncture européenne en 1300. Ils réfléchissent et interrogent l'influence durable du modèle malthusien de crise économique proposé par Michael Postan tel qu'il a été interprété par Georges Duby.  À travers des bilans historiographiques et des études originales, les auteurs réinterprètent la crise conjoncturelle au Moyen Âge sur le continent et en Grande-Bretagne.  À leur lumière, la société médiévale est tissée par un réseau complexe de relations économiques, politiques et sociales qui s'étendent jusqu'aux limites des hautes terres de la Méditerranée et des landes d'Angleterre.

Histoire des Goths, de Procope

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Édité et traduit par JANICK AUBERGER et Denis Roques

Paris, Les Belles Lettres, 2015, 2 volumes sous coffret.

Les Guerres gothiques livrées au VIe siècle après J.-C. par l'empereur Justinien et mises à l’écrit par Procope de Césarée en quatre livres exigeaient une traduction et un commentaire nouveaux, d’autant plus que le regard traditionnel que les historiens portent sur les Goths s’est radicalement renouvelé depuis quelques décennies.
L’ouvrage éclaire l’histoire du VIe siècle et les tensions entre les Goths, les populations barbares entre elles, le pouvoir byzantin et les Romains d’Italie, et il révèle la manière dont Procope de Césarée, qui est la source essentielle pour cette époque, rend compte des événements avec, vraisemblablement, ses choix personnels qui trahissent ses idées et révèlent les tensions entre les différentes cultures qui sont en train de mettre un terme à ce que la périodisation nomme, un peu artificiellement, l’Antiquité. Cet ouvrage complète la traduction commentée de l’Histoire secrète de Procope, parue dans cette même collection en 1990 (Pierre Maraval), La Guerre contre les Vandales, parue en 1990 (Denis Roques) et les Constructions, en 2011 (Denis Roques).

1931 - 1945 Asie Pacifique, l'autre guerre mondiale

413-414

CHRISTOPHER GOSCHA (et al.)

L'Histoire, 413, juillet 2015.

Il y a soixante-dix ans, la Seconde Guerre mondiale s’achevait tragiquement à Hiroshima. Et si elle avait commencé dès 1931 sur le théâtre asiatique ? C’est en effet à cette date que le Japon s’empare de la Mandchourie et entreprend une expansion qui le mène jusqu’aux Philippines. Cela le conduira au face-à-face avec les États-Unis en 1941 après l’attaque de Pearl Harbor. Le conflit devient alors vraiment mondial.

Christopher Goscha vient aussi de faire paraître un article dans la dernière livraison d'Hérodote, 157, 2015 : "La géopolitique vietnamienne vue de l'Eurasie : quelles leçons de la troisième guerre d'Indochine pour aujourd'hui?".

Parlementer

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MICHEL HÉBERT

Assemblées représentatives et échange politique en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge, Paris, Editions de Boccard, 2014, 696 pages. Premier Prix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres de France.

Parlements dans les îles britanniques, assemblées d’états dans le royaume de France et sa périphérie, cortes dans la péninsule ibérique: les assemblées représentatives apparaissent dans tous les espaces politiques de l’Europe occidentale chrétienne aux derniers siècles du Moyen Age. Au-delà d’une réflexion sur les chemins de l’inégal développement d’un phénomène qui a pu nourrir dans les historiographies nationales l’idée d’un exceptionnalisme politique, en Angleterre, d’une constitution pactisée, en Espagne, ou d’un échec sous les coups de boutoir de l’absolutisme naissant, en France, cet ouvrage se veut d’abord et avant tout un essai d’anthropologie historique de la représentation parlementaire dans la perspective d’une histoire politique en plein renouvellement.

 

Inde et Chine - Atlas des mondes de l'Asie

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CHRISTOPHER GOSCHA

L'Histoire, Les Collections Spécial Atlas, no 402, août 2014.

Christopher Goscha est l'un des 40 prestigieux historiens et géographes qui ont participé à l'édition du volume Inde et Chine - Atlas des mondes asiatiques publié par la revue L'Histoire.  "Avec près de 4 milliards d’êtres humains aujourd’hui, l’Asie méridionale et orientale constitue le plus considérable ensemble humain. Depuis l’émergence de deux civilisations, indienne et chinoise, qui ont irrigué l’ensemble du continent, jusqu’à la puissance retrouvée de cette aire de nos jours, cet atlas vous invite, à l’aide de 80 cartes et graphiques, à découvrir l’Asie autrement. Un voyage à travers les routes de la soie, l’Empire mongol, les comptoirs portugais, l’Inde de Gandhi ou la Chine de Mao".

Justice et espaces publics en Occident

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JEAN-PHILIPPE GARNEAU, PASCAL BASTIEN, DONALD FYSON ET THIERRY NOOTENS

Du Moyen Âge à nos jours. Pouvoirs, publicité et citoyenneté, Presses de l'Université du Québec, 2014, 360 pages.

De nos jours, la justice est omniprésente dans l’espace public. Elle nous interpelle sous diverses formes : faits divers, procès qui enflamment l’opinion publique, jugements qui affectent la vie des citoyens ou qui changent le paysage institutionnel dans lequel nous évoluons, etc. En fait, la médiatisation de la justice joue depuis longtemps un rôle essentiel dans le débat public, la régulation sociale ou le jeu politique en Occident. En une vingtaine d’études, plusieurs facettes du lien entre justice et espaces publics sont explorées, de la fin du Moyen Âge jusqu’au siècle dernier, en Europe comme au Canada : usages politiques de la justice, enjeux sociaux révélés par l’intervention judiciaire, échos médiatiques du palais et mobilisation de l’opinion publique, rôle de la presse dans les représentations du crime et des criminels, critiques du pouvoir judiciaire et des forces policières. Cet ouvrage collectif montre à quel point l’institution judiciaire a contribué à la construction de l’espace public au fil de ses transformations séculaires, combien aussi la justice ne se conçoit qu’à travers les lieux du vivre-ensemble et les différentes expressions de l’opinion publique.

Les Wendats du Québec

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TERRITOIRE, ÉCONOMIE ET IDENTITÉ, 1650-1930

ALAIN BEAULIEU, STÉPHANIE BÉREAU ET JEAN TANGUAY

Les éditions GID, 2013, 338 pages.

L'établissement à Québec en 1650 marque un tournant dans l'histoire des Wendats. Implantés au coeur de la colonie française, ils en subissent rapidement les influences, se convertissant à la religion catholique et adoptant plusieurs éléments de la culture de leurs voisins canadiens, avec qui ils entretiennent des relations régulières et à qui on les compare souvent.  Malgré ces rapprochements, ils "n'en restent pas moins distincts, par leurs habitudes et leur caractère", déjouant les prédictions de ceux qui, au XIXe siècle, prévoyaient leur disparition prochaine par amalgame avec la population coloniale.

Comme le montre cet ouvrage, à travers une étude qui couvre près de trois siècles d'histoire, les activités de subsistance des Wendats restent inscrites au coeur de leur identité spécifique, contribuant à définir les contours d'une différence significative. Cela est manifeste dans le cas de la chasse, dont l'importance s'accroît après l'installation dans la région de Québec, mais aussi des autres activités, comme l'agriculture et l'artisanat, par lesquelles les Wendats assurent non seulement leur survie, mais aussi leur prospérité après le choc de la destruction de la Huronie.

Les Autochtones et le Québec

Couverture Autochtones et Quebec

DES PREMIERS CONTACTS AU PLAN NORD

SOUS LA DIRECTION DE ALAIN BEAULIEU, STÉPHAN GERVAIS ET MARTIN PAPILLON

Presses de l'Université de Montréal, 2013, 407 pages.

Des premiers contacts jusqu’au récent Plan Nord, la rencontre entre les Autochtones et les descendants des Européens est au cœur du développement économique, politique et culturel du territoire aujourd’hui nommé Québec. Cet héritage commun, avec ses contradictions et ses tensions, nous est parfois rappelé dans des circonstances difficiles, comme celles de la Crise d’Oka, devenue un symbole des relations tendues entre Blancs et Amérindiens. Plus récemment, les images du mouvement Idle No More ont fait le tour de la planète, tel un cri du coeur rappelant la profondeur du fossé qui sépare les nations américaines.

Écrit par des auteurs chevronnés issus de plusieurs disciplines - histoire, ethnographie, droit, science politique, linguistique, criminologie -, cet ouvrage unique en son genre propose une série de dix-huit essais qui plongent au coeur des réalités et des enjeux historiques et contemporains des onze peuples autochtones du Québec.

Urgel-Eugène Archambault

Couverture Gagnon

Une vie au service de l'instruction publique

ROBERT GAGNON

Éditions Boréal, 2013, 304 pages.

En 1851, un petit instituteur laïc commence sa carrière dans une école de rang. Urgel-Eugène Archambault a la bonne idée de s'inscrire ensuite à l'école normale Jacques-Cartier, qui ouvre ses portes à Montréal en 1857. Muni d'un diplôme que peu d'enseignants peuvent se targuer de posséder, il est nommé, deux ans plus tard, instituteur à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM). Cette institution va permettre à Archambault de réaliser de grandes choses.  Il est l'instigateur de la première école d'ingénieurs francophones, qui allait être connue sous le nom d'École Polytechnique de Montréal, et il en sera le premier principal, de 1873 jusqu'à sa mort en 1904.  Il est également le premier directeur général de la CECM et le fondateur de l'Académie du Plateau.  Ce que l'on sait moins, c'est que cet instituteur laïc fut toute sa vie un porte-parole et un défenseur infatigable de ses collègues, les appuyant contre les attaques du clergé qui voulait que seuls les frères éducateurs enseignent dans les écoles publiques catholiques en milieu urbain.

Cette biographie d'Archambault permet de reconstruire, à travers ses actions, les événements qui, au XIXe siècle, mènent à la mise en place de grandes institutions d'enseignement primaire et universitaire de même qu'à la formation d'un groupe social, les instituteurs laïcs.

Sociologie des sciences (Que sais-je?)

YVES GINGRAS

Presses Universitaires de France, 2013, 128 pages.

Comment le savoir scientifique se constitue-t-il ? Y a-t-il des facteurs sociaux et culturels qui favorisent le développement des sciences ? Quelles institutions accompagnent ou freinent ce développement ? Comment travaillent les savants ? Comment valident-ils leurs connaissances ? Pourquoi y a-t-il des controverses ?
En se penchant sur les rapports entre science et société, les sociologues des sciences ont interrogé la manière dont la connaissance scientifique se construit. Loin de la figure, tantôt fascinante, tantôt inquiétante, du savant travaillant seul dans son laboratoire, ils nous donnent à voir la recherche en sciences dures d’aujourd’hui comme étant essentiellement une entreprise collective, souvent transnationale.

L'auteur a récemment accordé une entrevue aux Années Lumières sur la parution de ce titre.

Mes Loisirs

Hardy III

ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), de Siméon-Prosper Hardy, volume 3 (1773-1774)

SOUS LA DIRECTION DE PASCAL BASTIEN, SABINE JURATIC ET DANIEL ROCHE

Éditions Hermann, 2012, 834 pages.

ET

Mes Loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), de Siméon-Prosper Hardy, volume 4 (1775-1776)

SOUS LA DIRECTION DE PASCAL BASTIEN, SABINE JURATIC ET DANIEL ROCHE

Éditions Hermann, 2013, 832 pages.

Ce troisième volume poursuit la chronique du coup de force Maupeou amorcée en 1771 et ferme le règne tumultueux de Louis XV, alors que le quatrième ouvre le règne de Louis XVI qui s'amorce avec les troubles de la "guerre des farines".

Comme dans le cadre des deux précédents tomes, le témoignage de Siméon-Prosper Hardy, promeneur parisien, observateur habile, janséniste convaincu et homme du livre et de la librairie, apparaît comme l'un des ensembles documentaires les plus considérables pour comprendre la société urbaine dans ses représentations et ses pratiques. Par son volume et par son organisation où entrent mêlés documents, extraits, racontars et observations personnelles, il constitue une source de premier plan pour l'histoire des institutions, de la vie politique, de la société urbaine, de la culture et de la sensibilité avec ses troubles, ses émotions, ses loisirs et ses divertissements. Travail de longue haleine mené par une équipe internationale, l'édition de ce manuscrit inédit ouvre au chercheur tout ce que les jours ont pu offrir à l’œil et à l’oreille d’un petit bourgeois parisien pendant les trente dernières années de l’Ancien Régime.  

Le projet d'édition du Journal d'événemens de Hardy connaît un nouvel élan grâce aux éditions Hermann, qui participent désormais à la publication. Les deux premiers volumes (1753-1770 et 1771-1772) ont été réédités et les index ont aussi été mis à jour sur un nouveau site Web : www.journaldehardy.org.

Représentation, métissage et pouvoir

Beaulieuchaffray

LA DYNAMIQUE COLONIALE DES ÉCHANGES ENTRE AUTOCHTONES, EUROPÉENS ET CANADIENS (XVIe-XXe SIÈCLE)

SOUS LA DIRECTION D'ALAIN BEAULIEU ET DE STÉPHANIE CHAFFRAY

Presses de l'Université Laval, 2012, 487 pages.

Cet ouvrage réunit des articles préparés dans le prolongement du colloque organisé en 2007 en l'honneur de Denys Delâge et de Réal Ouellett, respectivement professeur au Département de sociologie et professeur au Département des littératures de l'Université Laval.  Ce colloque se voulait une occasion de souligner les carrières de ces deux éminents chercheurs, mais aussi comme un moment pour explorer, dans une perspective interdisciplinaire, de nouvelles avenues dans l'étude des relations entre les Européens, leurs descendants en Amérique et les Autochtones. Pour rendre compte de la diversité de ces relations et de leur importance dans l'histoire du Canada, le colloque proposait de les aborder à partir de trois concepts clés : représentation, métissage et pouvoir. Ces concepts, qui se trouvent au coeur des recherches des dernières années sur les Autochtones, rejoignent ainsi les grandes orientations des travaux menés par les deux chercheurs honorés à cette occasion. Les articles qui composent cet ouvrage sont regroupés autour de cinq thèmes : méthodes et sources ; relations de voyage et édition critique ; corps et colonialisme ; représentation de l'Autre ; représentation de soi et identité.

Place Ville-Marie. L'immeuble phare de Montréal

SOUS LA DIRECTION DE JACQUES-ANDRÉ CHARTRAND, PAUL-ANDRÉ LINTEAU, SARAH MARCHAND ET FRANCE VANLAETHEM

Québec Amérique, 2012, 232 pages.

Cet ouvrage retrace, à l’aide d’une riche iconographie, la passionnante histoire de celle qu’on appelle encore la «grande dame» de Montréal. Des tout débuts avec le promoteur William Zeckendorf jusqu’aux transformations subséquentes, c’est tout un pan de notre patrimoine architectural qui nous est dévoilé. L’architecte de la Place Ville Marie a entre autres réalisé la Pyramide du Louvre à Paris. 

"Inspiré par la ténacité de ces entrepreneurs, nous souhaitons que cette première monographie de Place Ville Marie permette aux lecteurs de mieux comprendre les différents enjeux qui ont marqué sa planification, sa réalisation, son évolution depuis près de 50 ans et l’importance qu’occupe cet ensemble dans le paysage de Montréal."   Extrait de l'introduction.

Quand les Jésuites veulent comprendre l'autre

Janick Auberger

SOUS LA DIRECTION DE JANICK AUBERGER

Presses de l'Université du Québec, 2012, 218 pages.

Reconstituer les bibliothèques d’antan, privées ou publiques, c’est entrer dans l’intimité de leurs propriétaires et découvrir ce qui les hantait, ce qu’ils cherchaient. Les livres qui composaient la bibliothèque du Collège Sainte-Marie ont été dispersés, et certains font aujourd’hui partie de la collection des livres rares de l’Université du Québec à Montréal. Ce sont ces livres, qui participèrent tous à l’éducation jésuite prodiguée à de nombreuses générations d’écoliers en Nouvelle-France et au Québec, auxquels s’intéressent les auteurs de cet ouvrage.

Plus précisément, les auteurs en étudient six publiés au xvie siècle qui portent un regard déjà très moderne et anthropologique sur l’Autre, sur d’autres peuples, d’autres paysages, d’autres modes de vie. Il s’agit d’auteurs anciens qui livrent de premières -expériences de rencontres, de témoignages plus récents de missions en Orient et en Amérique du Sud, ou encore des ouvrages de référence. Abondamment lus, manipulés, ces livres témoignent de l’objectif à la fois missionnaire et ethnographique du jésuite en terre lointaine  : servir une religion à vocation universaliste, et donc amener l’Autre à se glisser dans ce nouveau moule culturel, mais aussi comprendre les différentes populations rencontrées dans leurs multiples facettes.

Pour une histoire du risque

risque

SOUS LA DIRECTION DE DAVID NIGET ET MARTIN PETITCLERC

Presses de l'Université du Québec, 2012, 366 pages.

L’histoire du risque que propose ce livre déborde largement les notions de statistique, de calcul probabilitaire et de traitement assurantiel des dangers. Si, en effet, le risque a une histoire, le risque est aussi histoire, car il concerne le rapport des sociétés au temps.

Tout rapport au risque tente, à partir de l’expérience passée, de saisir un avenir probable pour agir dans le présent. Chaque contexte, chaque époque, chaque territoire, chaque communauté appréhende les dangers selon ses ressources culturelles d’une part, et selon les enjeux politiques, sociaux et économiques qui la traversent d’autre part. Le risque est un fait de culture, reflétant la façon dont la société se représente elle-même, envisage les phénomènes qui la menacent et définit l’altérité qui la borne.

Des historiens de tous horizons ont recours, dans ces pages, au concept de risque pour comprendre le passé, pour examiner leur objet de recherche sous un angle différent, qu’il s’agisse d’histoire des sciences et techniques ou du droit, ou d’histoire environnementale, sociale ou politique. Cette démarche commune dévoile des convergences insoupçonnées et permet aux auteurs de renouer avec un problème d’une intelligibilité historique globale, problème crucial qui a pourtantété abandonné par la très grande majorité des historiens au cours des dernières décennies.

Epidemic Encounters: Influenza, Society, and Culture in Canada, 1918-20

influenza

MAGDA FAHRNI, ESYLLT W. JONES

University of Washington Press, 2012, 352 pages.

"Epidemic Encounters" est le premier ouvrage consacré à l'épidémie de grippe de 1918 telle qu'elle fut vécue au Canada. Faisant preuve d'une démarche rigoureuse et d'une recherche particulièrement approfondie, il s'agit d'une contribution de premier plan pour l'historiographie de la médecine canadienne, comme pour toute la littérature internationale sur la pandémie. – J.T.H. Connor, titulaire de la Chaire John Clinch de sciences médicales et d'histoire de la médecine à l'Université Memorial de Terre-Neuve.

Going Indochinese. Contesting Concepts of Space and Place in French Indochina

Going indochine

CHRISTOPHER E. GOSCHA

Nias Press, 2012, 192 pages.

Pourquoi, demandait Benedict Anderson, les Javanais devinrent-ils Indonésiens en 1945 alors que les Vietnamiens s'opposèrent à devenir Indochinois? Dans cette étude désormais classique, Goscha montre que les Vietnamiens de toute tendance politique devinrent remarquablement près de construire une identité nationale moderne fondée sur le modèle colonial de l'Indochine.  Publié pour la première fois en 1995, cette nouvelle édition a été revue par l'auteur et profite désormais d'un avant-propos par Eric Jennings.

Historical Dictionary of the Indochina War (1945-1954). An International and Interdisciplinary Approach

Going indochine

CHRISTOPHER E. GOSCHA

Copenhagen, Nias Press, 2011, 600 pages

This first historical dictionary in English of the Indochina War provides the most comprehensive account to date of one of the most important conflicts of the twentieth century. Over 1,600 entries offer in-depth, expert coverage of the war in all its dimensions.

Vietnam. Un État né de la guerre, 1945-1954

risque

CHRISTOPHER E. GOSCHA

Paris, Armand Colin, 2011, 545 pages.

Presque soixante ans après la chute de la garnison française à Dien Bien Phu, nous connaissons toujours mal l’autre côté combattant. Le « phénomène Viet Minh » est toujours expliqué soit comme la manifestation d’un patriotisme vietnamien « éternel » soit comme l’incarnation du « totalitarisme » communiste. Se basant sur des sources vietnamiennes inédites, Christopher Goscha rompt avec ces interprétations pour analyser la manière dont les nationalistes vietnamiens conduits par le Parti communiste forgèrent un véritable Etat dans la perspective de mener l’effort de guerre, de préserver son assise territoriale et de projeter dans l’avenir la souveraineté nationale. Goscha remet également en cause le mythe d’une simple « guerre de guérilla » asymétrique opposant le colonisé au colonisateur. Grâce à l’assistance sino-soviétique, les communistes vietnamiens entamèrent une conversion vers une forme moderne de guerre conventionnelle et à cet effet, mirent sur pied une armée professionnelle. Pour réussir cette transition, le Parti accentua sa mainmise sur l’Etat, la société et l’armée. Le Parti instaura simultanément une révolution sociale radicale, non seulement pour mobiliser toujours plus de forces mais aussi pour remodeler l’Etat et la société selon le moule communiste. L’histoire du Vietnam contemporain ne se réduit pas à « la » guerre, mais assurément elle fut sa matrice. En somme, l’Etat vietnamien a fait la guerre autant que la guerre a fait l’Etat.

Blanches et Noires. Histoire(s) des Américaines au XIXe siècle

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SOUS LA DIRECTION D'ISABELLE LEHUU

Montréal, Université du Québec à Montréal, Institut de recherches et d’études féministes (coll. Agora), 2011, 133 pages.

« Blanches et Noires" examine l’histoire des Américaines au XIXe siècle dans la diversité des expériences individuelles et collectives, en explorant les histoires de femmes blanches et noires, jeunes et moins jeunes, mariées et célibataires, dans le Nord et le Sud des États-Unis. Écrire l’histoire des femmes au pluriel ne signifie plus la quête d’une sororité illusoire, mais bien la recherche des parcours singuliers et des moments de dialogue entre femmes de conditions sociales différentes.

Politiques des émotions au Moyen Âge

risque

SOUS LA DIRECTION DE PIROSKA NAGY et DAMIEN BOQUET

Florence, SISMEL-Edizioni del Galluzzo, 2010, 358 pages.

Aujourd’hui nous ne tenons plus les gens du Moyen Âge pour des brutes aux émotions exacerbées. Bien qu’ils eussent une culture affective fort différente de la nôtre, nous savons que les médiévaux, comme nous, naviguaient avec l’émotion et en connaissaient la contagion sociale. Dans cette civilisation du geste et de l’oralité, l’émotion – raffinée et exaltée, discutée et ritualisée – était au coeur des pratiques de gouvernement et des stratégies de pouvoir. Ce sont ces politiques médiévales des émotions que le livre explore, en partant d’interrogations suscitées par un dialogue avec les sciences sociales de l’affectivité. Après une ouverture consacrée aux conditions d’une histoire politique des émotions médiévales, la première partie s’interroge sur les façons dont les gouvernants usaient de leurs émotions, qu’elles fussent ressenties et/ou scénarisées, ou au contraire tenues à distance. Une deuxième partie questionne l’encadrement des émotions des populations : quel empire les pouvoirs cherchaient-ils à exercer sur les émotions individuelles et collectives ? Enfin la troisième section prolonge l’enquête au coeur des communautés d’émotions, s’interroge sur l’existence d’émotions communautaires. L’émotion, loin d’être un pur instrument des arts de gouverner au Moyen Âge, apparaît dans tous les cas comme un facteur, voire un agent de la transformation historique.

Femmes philanthropes. Catholiques, protestantes et juives dans les organisations caritatives au Québec

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YOLANDE COHEN

Presses de l'Université de Montréal (coll. Champ libre), 2010, 258 pages.

Qui prend soin des plus vulnérables ? Sur quelles épaules repose le plus massivement la part altruiste de nossociétés ?Les femmes ont toujours été au coeur des traditions de secours aux pauvres, d’accueil des immigrants et des réfugiés, d’aide aux mères et aux enfants. Ces rôles de solidarité, parce qu’associés au foyer et à la religion, leur ont permis d’agir dans une sphère publique qui leur était par ailleurs largement interdite. Dans la première moitié du xxe siècle, l’activité philanthropique organisée a été un moteur essentiel de l’accession des femmes aux pleins droits politiques. Ce livre s’attache à faire l’histoire de trois grandes associations auQuébec :la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, la Young Women’s Christian Association (YWCA) et le National Council of Jewish Women. Yolande Cohen montre que les femmes qui s’y sont engagées ont apporté une contribution majeure et encore largement ignorée à l’élaboration des politiques sociales canadiennes et québécoises.

Histoire de la peine de mort : Bourreaux et supplices, Paris-Londres, 1500-1800

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PASCAL BASTIEN

Paris, Seuil (L’Univers historique), 2011, 340 pages.

Poursuivant un travail de longue haleine consacré aux formes modernes du châtiment public, l'auteur présente ici une histoire de l’exécution capitale de 1500 à 1800 structurée par une dimension comparatiste qui le conduit à étudier son objet à Paris et à Londres. L’auteur, qui replace cette histoire dans les débats historiographiques suscités par la disparition des supplices et la « naissance de la prison », se propose de comprendre « les fonctions » de l’exécution capitale, « ses modalités, les peurs qu’elle imposait, les espoirs qu’elle pouvait paradoxalement inspirer et le rejet dont elle fit progressivement l’objet ». Divers matériaux sont mis au service d’une approche délibérément plurielle. Sont ainsi convoquées des sources normatives telles que les traités de droit pénal et des actes de la pratique (procès et surtout procès-verbaux d’exécution) qui rendent compte du regard porté par les magistrats sur le déroulement des exécutions capitales. À ces matériaux, l’auteur a judicieusement joint la production éditoriale (complaintes, littérature d’échafaud, biographies, gravures) qui permet d’appréhender la médiatisation de ce spectacle, ainsi que la « littérature de témoignage et les ego-documents » qui offrent la possibilité d’en approcher la perception sociale. Plus encore qu'une périodisation de l’histoire de la peine de mort, l’enseignement principal de l’ouvrage découle des vertus heuristiques de la méthode comparative mise en œuvre par l’auteur. — Patrice Péveri, compte rendu dans Annales HSS, 67/1, 2012.

Canadian Women: A History

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GAIL CUTHBERT BRANDT, NAOMI BLACK, PAULA BOURNE et MAGDA FAHRNI

3e édition (Toronto, Nelson Education, 2011), 560 pages.

The substantially revised and updated third edition of Canadian Women: A History continues to be the only comprehensive survey of the contributions, struggles and achievements of Canadian women. Drawing on the latest historical research, as well as government documents and other archival material, the authors provide new insights into the diverse experiences of women in Canada from the sixteenth century to the present. The text explores the themes of migration, marriage, family life, work, education, politics, and culture in the lives of Canadian women by means of an accessible narrative enhanced by graphics and photos.

Manger en Grèce classique, la nourriture, ses plaisirs et ses contraintes

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JANICK AUBERGER

Québec, Presses de l'Université Laval, 2010, 250 pages.

Dans cet ouvrage l'auteure propose de remonter aux origines de la civilisation occidentale. Le célèbre « régime crétois », protecteur de nos artères, remonte-t-il aux Grecs ? Comment concevait-on, à Athènes, l'acte de manger ? Repas familial ? Rituel religieux ? Partage communautaire ? A-t-on droit à plusieurs services : entrée, plat principal, fromage et dessert ? Connaît-on des interdits alimentaires ? Et ces petites gâteries sans lesquelles se nourrir serait parfois bien fade ?

Sur l’échafaud. Histoires de larrons et d’assassins (1721-1766)

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Thomas-Simon Gueullette

présenté et annoté par PASCAL BASTIEN, Paris, Mercure de France, 2010, 331 pages.

Thomas-Simon Gueullette est un étrange personnage. Avocat au Châtelet de Paris, puis substitut du procureur du roi, ce juriste de bonne réputation a passé sa vie (1683-1766) à collectionner textes, journaux, livrets, documents, opuscules et autres gazetins de son temps, qu'il commentait de nombreuses notes et réflexions personnelles. L'histoire littéraire lui doit quelques recueils de contes amusants (Les Soirées bretonnes, Les Nouveaux contes de fées, Les Mille et un quarts d'heure), une soixantaine de pièces de théâtre dont plusieurs farces à grand succès, La Confiance des cocus ou Arlequin Pluton.
Ce grand rabelaisien s'est également passionné pour les affaires criminelles de son temps aux premières loges, placé au coeur de la machine judiciaire d'Ancien Régime. Sa curiosité l'a conduit à conserver dans une collection personnelle des centaines de placards, mémoires, brochures, sur toutes les histoires criminelles dont il était souvent le témoin direct. Ensuite, menant un véritable travail d'enquête, et relatant ses impressions sur le vif, Gueullette a reconstitué la plupart des destins de voyous, de scélérats, de blasphémateurs, d'assassins du milieu du XVIIIe siècle, depuis les faits criminels jusqu'à la peine infligée publiquement sur l'échafaud (écartèlement, roue, pendaison, flagellation), en passant par les circonstances et les procès.
Ces "Notes sur les assassins et les supplices" nous font donc pénétrer pour la première fois, de l'intérieur, dans l'univers fascinant du crime et de la violence du Paris agité du règne de Louis XV. De façon concrète, vivante, suivant la plume alerte et informée d'un écrivain sachant faire récit des travers de son temps, qui est en même temps un professionnel de la justice et une sorte de détective, nous voici entraîné jusqu'au supplice infligé en place de Grève, dans une ville qui se passionne pour les grandes et les petites affaires de crime. On y croise quelques figures célèbres, tel Damiens, écartelé en 1757 pour avoir poignardé le roi, mais surtout le peuple ordinaire des violences et des peines, beaucoup de femmes, quelques nobles, ou même des suicidés que les juges condamnent quand même, déjà morts, à être pendus par les pieds puis jetés à la voirie « comme indigne de la sépulture chrétienne ».

The Shiites of Lebanon under Ottoman Rule, 1516–1788

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STEFAN WINTER

Cambridge University Press, 2010, 218 pages.

The Shiites of Lebanon under Ottoman Rule provides an original perspective on the history of the Shiites as a constituent of Lebanese society. Winter presents a history of the community before the 19th century, based primarily on Ottoman Turkish documents. From these, he examines how local Shiites were well integrated in the Ottoman system of rule, and that Lebanon as an autonomous entity only developed in the course of the 18th century through the marginalization and then violent elimination of the indigenous Shiite leaderships by an increasingly powerful Druze-Maronite emirate. As such the book recovers the Ottoman-era history of a group which has always been neglected in chronicle-based works, and in doing so, fundamentally calls into question the historic place within 'Lebanon' of what has today become the country's largest and most activist sectarian community.

Fondements et pratiques de l’enseignement de l’histoire à l’école

risque

ROBERT MARTINEAU

Presses de l'Université du Québec, 2010, 310 pages.

Pourquoi apprend-on aujourd’hui l’histoire à l’école, pourquoi l’enseigne-t-on et, conséquemment, comment devrait-on l’enseigner ?

Pour répondre à cette question, l’auteur explore les racines de l’enseignement de l’histoire pour bien en mesurer l’évolution et son inextricable lien avec l’évolution de la société dans laquelle il s’inscrit. Il en retrace les fondements épistémologiques, en apprécie les fondements éthiques et politiques et, finalement, en saisit les fondements didactiques.

Il s’intéresse ensuite à la pratique de cet enseignement dans la planification pédagogique, l’intervention en classe d’histoire, l’utilisation des ressources et l’évaluation des apprentissages.

D’abord conçu pour les étudiants en formation des maîtres en enseignement de l’histoire, cet ouvrage ne propose pas une seule façon d’enseigner l’histoire, mais souhaite soutenir les futurs enseignants dans leur appropriation des fondements de leur pratique et les outiller dans les choix pédagogiques qu’ils auront à faire quotidiennement. Il s’adresse également aux enseignants en exercice désirant mettre à jour leur pratique et ses fondements.

Les Chiliens au Québec. Immigrants et réfugiés, de 1955 à nos jours

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JOSÉ DEL POZO

Montréal, Boréal, 2009, 424 pages.

Par leur nombre, par leur fort degré d’intégration à la société d’accueil, les Chiliens occupent une place à part parmi les communautés immigrées au Québec. On s’est surtout intéressé à leur condition d’exilés. Pour la plupart des Québécois, le Chilien, c’est le réfugié, arrivé de façon impromptue à cause du coup d’État de 1973, qui n’a pas planifié sa nouvelle vie ici et qui songe continuellement à rentrer chez lui.

Mais cette vision des choses est réductrice, car parallèlement à celui des réfugiés, il s’est produit un mouvement migratoire motivé par d’autres raisons et qui est à l’origine de l’afflux continu des Chiliens au Québec, avant comme après la dictature. Tant les réfugiés que les immigrants ont vécu un processus qui est allé au-delà de l’insertion pour devenir un enracinement graduel, à l’encontre du retour tant annoncé par plusieurs. La grande majorité des Chiliens sont restés au Québec.

Ce livre adopte une double perspective : d’une part, analyser la mouvance collective des Chiliens, à travers leurs associations et leurs clubs ; d’autre part, retracer les trajectoires individuelles, celles des personnes qui participent à la vie collective, celles des autres, qui ont choisi de s’investir essentiellement dans leur vie personnelle.

À travers le cas des Chiliens, c’est sur le processus même de l’adoption de la culture québécoise par les nouveaux-venus que ce livre jette un éclairage passionnant.

Connecting Histories: Decolonization and the Cold War in Southeast Asia, 1945-1962

risque

SOUS LA DIRECTION DE CHRISTOPHER GOSCHA et CHRISTIAN OSTERMANN

Stanford University Press, 2009, 450 pages.

Connecting Histories: Decolonization and the Cold War in Southeast Asia draws on newly available archival documentation from both Western and Asian countries to explore decolonization, the Cold War, and the establishment of a new international order in post-World War II Southeast Asia.

Major historical forces intersected here—of power, politics, economics, and culture—on trajectories East to West, North to South, across the South itself, and along less defined tracks. Especially important, democratic-communist competitions sought the loyalties of Southeast Asian nationalists, even as some colonial powers sought to resume their prewar dominance. These intersections are the focus of the contributions to this book, which use new sources and approaches to examine some of the most important historical trajectories of the twentieth century in Burma, Vietnam, Malaysia, and a number of other countries.

Histoire humaine des animaux de l'Antiquité à nos jours

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JANICK AUBERGER et PETER KEATING

Paris, Ellipses, 2009, 277 pages.

L'animal a pu se passer de l'homme pendant presque toutes l'histoire de la vie sur Terre, mais l'inverse est impossible. L'histoire de l'homme est aussi celle des bêtes, et les rapports qui les unissent sont très contrastés, l'homme pouvant être à la fois et tour à tour la victime et le bourreau de ceux qu'on a pu appeler parfois " nos frères inférieurs " (François d'Assise). ce livre essaie de faire le point sur les liens qui unissent l'homme et l'animal depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Sans prétendre à l'exhaustivité, il cherche surtout à varier les points de vue et à multiplier les regards que l'homme a pu poser sur les animaux, essentiellement dans nos sociétés occidentales tant du point de vue des pratiques que du point de vue de la représentation. A la suite de leur domestication et dans d'autres cas de leur apprivoisement, les religions ont conditionné largement leur place dans notre monde. Confortés ensuite par les opinions des philosophes et des scientifiques depuis la plus haute Antiquité, les hommes ont utilisé les animaux, manipulé leurs espèces pour les rendre plus profitables, ils les ont aimés et craints, massacrés et adulés tout en modifiant leur regard au fur et à mesure que l'air du temps changeait. Ce sont ces variations que nous essayons d'examiner, tout en constatant que par-delà les contradictions qui voient l'homme s'interroger sur l'animal tout en l'exploitant sans vergogne, l'imaginaire humain a toujours accordé la plus grande importance aux bêtes : l'art en témoigne largement depuis les grottes préhistoriques. Cette omniprésence de l'animal ne saurait faire oublier la question à ce jour encore sans réponse : qu'est-ce qu'un animal ? Peut-être le saura-t-on si l'on sait un jour ce qu'est un homme...

Le sujet des émotions au Moyen Age

risque

SOUS LA DIRECTION DE PIROSKA NAGY et DAMIEN BOQUET

Paris, Beauchesne, 2009, 520 pages.

Une trentaine de chercheurs, des médiévistes pour la plupart, abordent un domaine qui a souvent échappé au regard de l'historien en se fondant sur les apports des sciences humaines et sociales. Ils montrent comment les hommes du Moyen Age parlaient de leurs émotions, les manifestaient, comment se révèle ainsi le miroir d'un monde complexe et pleinement humain.

A Tragedy of Democracy:Japanese Confinement in North America

risque

GREG ROBINSON

Columbia University Press, 2010, 397 pages.

The confinement of some 120,000 Japanese Americans during World War II, often called the Japanese American internment, has been described as the worst official civil rights violation of modern U. S. history. Greg Robinson not only offers a bold new understanding of these events but also studies them within a larger time frame and from a transnational perspective.

L'Enseignement de l'histoire au début du XXIe siècle au Québec

risque

MICHEL SARRA-BOURNET et FÉLIX BOUVIER

Sillery, Septentrion, 2008, 180 pages.

Quel rôle doit jouer l'enseignement de l'histoire, surtout l'histoire nationale, dans notre société ? Doit-il être tourné vers le passé ou vers l'avenir ? Doit-il être mis au service de la citoyenneté, de l'identité ou même de l'édification nationale ? Le nouveau programme de formation en histoire et éducation à la citoyenneté, inspiré de l'histoire sociale et des plus récents travaux de didacticiens, vise à refléter la diversification de la société québécoise. Pour certains, cela remet en cause l'histoire nationale.

Mais le « renouveau pédagogique » évolue dans ses approches et sa pédagogie L'apprentissage par les élèves du primaire et du secondaire des réalités historiques du Québec et du monde, à l'aide de situations d'apprentissage novatrices, tout comme les effets du nouveau curriculum, commencent à peine à être étudiés. Cet ouvrage propose de faire le point sur un domaine en plein renouvellement.

Avec des textes de Félix Bouvier, Ivan Carel, Mourad Djebabla, Étienne Dubois-Roy, Luc Guay, Paul Inchauspé, Alexandre Lanoix, Samy Mesli, Sébastien Parent, Julien Prud'homme, Christian Rioux, Jacques Rouillard et Michel Sarra-Bournet.

Mine Okubo: Following Her Own Road

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SOUS LA DIRECTION DE GREG ROBINSON ET ELENA TAJIMA CREEF

University of Washington Press, 2008, 224 pages.

Paintings, drawings, and writings by the Nisei artist, writer, and community activist Mine Okubo, author of the landmark Citizen 13660--arguably the best-known narrative of the Japanese American relocation experience--are reproduced along along with new critical articles, reminiscences, and photographs dealing with her life and work. Greg Robinson is professor of history at Universit du Qubec Montral. Elena Tajima Creef is professof of women's studies at Wellesley College.

"Nous protégeons l'infortune" : Les origines populaires de l'économie sociale au Québec

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MARTIN PETITCLERC

Montréal, VLB éditeur, 2007, 288 pages.

(Prix Lionel-Groulx, Fondation Yves St-Germain et Institut d'histoire de l'Amérique française, 2007) (Prix Clio-Québec, Société historique du Canada, 2007)

Nous protégeons l'infortune, telle était la devise de l'Union Saint-Joseph qui fut au XIXe siècle l'une des plus importantes sociétés de secours mutuels au Québec. Dans ce livre pionnier, Martin Petitclerc étudie ces associations mutualistes qui ont cherché, à l'époque du libéralisme triomphant, à développer la solidarité de la classe ouvrière pour la protéger des aléas de l'existence. Il explique les raisons de leur succès comme les limites de leur action. Il étudie les rapports qu'elles ont entretenus avec les élites cléricale ou financière et le rôle qu'elles ont joué dans la prise de conscience politique des ouvriers. Martin Petitclerc éclaire ainsi les questions relatives aux origines de l'économie de marché, de la protection sociale, du syndicalisme, du droit associatif et des coopératives. C'est tout un pan méconnu de l'histoire qui nous est révélé ici et qui montre la profondeur des aspirations démocratiques et de la culture de solidarité des milieux populaires québécois.

Creating Postwar Canada: Community, Diversity, and Dissent, 1945-75

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SOUS LA DIRECTION DE MAGDA FAHRNI ET ROBERT RUTHERDALE

Vancouver, University of British Columbia Press, 2008, 360 pages.

Creating Postwar Canada showcases new research on this complex period, exploring postwar Canada’s diverse symbols and battlegrounds. Contributors to the first half of the collection consider evolving definitions of the nation, examining the ways in which Canada was reimagined to include both the Canadian North and landscapes structured by trade and commerce. The essays in the latter half analyze debates on shopping hours, professional striptease, the “provider” role of fathers, interracial adoption, sexuality on campus, and illegal drug use, issues that shaped how the country defined itself in sociocultural and political terms. This collection contributes to the historiography of nationalism, gender and the family, consumer cultures, and countercultures.

Parlons science. Les transformations de l'esprit scientifique

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YVES GINGRAS

Montréal, Boréal, 2008, 272 pages.

Nous vivons dans un monde que l’on peut dire à « haute teneur scientifique », comme on dit d’une essence qu’elle est à « haute teneur en octane ». Mais que sait-on vraiment de la science ? Des sciences ? De la méthode scientifique ? Des instruments de la science ? Des nombreuses controverses qui ont marqué son histoire, du XVIIe siècle à nos jours ? La science fait-elle partie de la culture ? Les scientifiques peuvent-ils croire en Dieu ? Que penser des nouveaux créationnistes ? Quels sont les liens entre la science et l’économie? Comment fonctionnent les communautés scientifiques ?

Ce sont ces questions et bien d’autres encore que le journaliste Yanick Villedieu aborde avec l’historien et sociologue de sciences Yves Gingras, dans ces entretiens d’abord diffusés sur les ondes de la radio de Radio-Canada à l’émission Les Années lumière et remaniés par l’auteur pour « offrir son texte à l’oeil après l’avoir été à l’oreille », comme le disait Fernand Séguin en 1952 dans Entretiens sur la vie, ouvrage qui reprenait ses chroniques radio de l’époque, elles aussi diffusées sur les ondes de Radio-Canada.

Critique n° 716-717 : Émotions médiévales

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SOUS LA DIRECTION DE PIROSKA NAGY

2007 - 128 pages

De quoi riait-on, de quoi pleurait-on au Moyen Âge ? Comment vivait-on l'amour, l'amitié ? Ces questions toutes simples ont longtemps paru insolubles aux historiens. Seul ou presque, Lucien Febvre avait appelé dès les années 1930 à " reconstituer la vie affective d'autrefois ". Mais cet appel, pendant des décennies, n'a guère suscité de vocations. C'est tout récemment que l'intérêt des historiens pour les émotions s'est éveillé, à la faveur d'un changement de perception beaucoup plus général et en écho aux travaux menés dans plusieurs autres disciplines décidées à penser les émotions, voire à considérer l'émotion elle-même comme une forme de pensée. La psychologie cognitive, la philosophie analytique, les neurosciences, l'anthropologie ont mis au jour le tissage serré qui unit indéfectiblement les émotions et la raison, ainsi que la production culturelle des affects, et ce grand chambardement a modifié jusqu'à notre regard sur le passé.

L'histoire n'en pouvait rester indemne. Encore moins l'histoire médiévale, si longtemps prisonnière, dans ce domaine, de caricatures et d'à peu près. On avait longtemps considéré, en effet, qu'au Moyen Âge, cette " enfance de l'Europe ", les émotions des individus et des peuples étaient elles-mêmes infantiles, impulsives, mal maîtrisées : à cette préhistoire émotionnelle aurait succédé bien plus tard la maturité des manières policées liées à une rationalisation croissante. Or nous savons aujourd'hui que les émotions sont culturellement produites, qu'elles sont à l'œuvre dans les processus de décisions rationnelles : toute leur trame historique est donc à reprendre. C'est ce grand chantier, ouvert depuis quelques années en France et à l'étranger, que nous font visiter les textes réunis ici par l'historienne Piroska Nagy.