Les Chiliens au Québec. Immigrants et réfugiés, de 1955 à nos jours

risque

JOSÉ DEL POZO

Montréal, Boréal, 2009, 424 pages.

Par leur nombre, par leur fort degré d’intégration à la société d’accueil, les Chiliens occupent une place à part parmi les communautés immigrées au Québec. On s’est surtout intéressé à leur condition d’exilés. Pour la plupart des Québécois, le Chilien, c’est le réfugié, arrivé de façon impromptue à cause du coup d’État de 1973, qui n’a pas planifié sa nouvelle vie ici et qui songe continuellement à rentrer chez lui.

Mais cette vision des choses est réductrice, car parallèlement à celui des réfugiés, il s’est produit un mouvement migratoire motivé par d’autres raisons et qui est à l’origine de l’afflux continu des Chiliens au Québec, avant comme après la dictature. Tant les réfugiés que les immigrants ont vécu un processus qui est allé au-delà de l’insertion pour devenir un enracinement graduel, à l’encontre du retour tant annoncé par plusieurs. La grande majorité des Chiliens sont restés au Québec.

Ce livre adopte une double perspective : d’une part, analyser la mouvance collective des Chiliens, à travers leurs associations et leurs clubs ; d’autre part, retracer les trajectoires individuelles, celles des personnes qui participent à la vie collective, celles des autres, qui ont choisi de s’investir essentiellement dans leur vie personnelle.

À travers le cas des Chiliens, c’est sur le processus même de l’adoption de la culture québécoise par les nouveaux-venus que ce livre jette un éclairage passionnant.