Publications

Histoire militaire de la France. 1. Des mérovingiens au Second Empire, Paris, Perrin, 2018.

Histoire militaire de la France

Olivier Wieviorka, Hervé Drevillon, Xavier Hélary, Benjamin Deruelle, Annie crepin, Bernard Gainot

Que la guerre ait contribué à la construction institutionnelle et sociale de la France relève de l’évidence, d’autant que l’armée représente un élément fondateur de l’État-nation. Pour mieux comprendre la nature des liens unissant les Français à leur armée comme la guerre à l’État, il fallait rendre compte de 1 500 ans d’histoire. Dans sa globalité. Car le fait militaire dépasse les grands cadres d’organisation, le matériel ou les structures de l’armée ainsi que sa composition… Il oblige à penser le rapport au politique ainsi qu’à la société dans son ensemble et incite à revenir sur les engagements, en réfléchissant sur la stratégie et la tactique, en décrivant les grands conflits, en s’attardant, enfin, sur la réalité du combat, l’armement, la violence de guerre et son imposition aux civils.
Ce premier tome s’ouvre avec les Mérovingiens pour se conclure sur la guerre franco-prussienne de 1870. Non que l’on puisse dès le Ve siècle parler de la France en tant que telle, mais il est nécessaire d’insister sur une forte continuité, matérialisée par le titre de Rex Francorum, “roi des Francs”, porté par les souverains de trois dynasties sur plus de mille ans. A l’époque moderne, la figure du roi puise dans la guerre le fondement même de sa souveraineté, à l’image de François Ier recevant à Marignan son sacre militaire ou de Louis XIV, “roi de guerre” par excellence. La gloire du souverain mobilisa alors, avec une ampleur et une intensité inédites, les ressources du royaume et contribua ainsi à l’affirmation de la nation, qui se constitua en corps politique souverain avec la Révolution française.

La formation d’une armée véritablement nationale se combina alors avec d’autres innovations, telles que le système divisionnaire, qui conférèrent aux armées une efficacité et une mobilité inédites, dont Napoléon sut exploiter tous les avantages, au point de se laisser griser par cette faculté de porter le danger au cœur des territoires ennemis. La défaite de Waterloo ne mit pas fin à l’ambition d’étendre la domination française à des territoires lointains, mais cette stratégie impériale quitta l’horizon européen pour investir les espaces coloniaux. Ainsi, des champs catalauniques aux contreforts des Aurès, l’histoire militaire de la France raconte la genèse d’une riche et passionnante relation entre la nation, l’État et le territoire.

Maghreb-indochine, comparaisons impériales

Numéro spécial sous la direction de Christopher Goscha et Sylvie Thénault

Alors que les guerres d’Indochine et d’Algérie s’enchaînent, créant une période de conflit continue pour la France de 1945 à 1962, l’historiographie dépasse rarement les cadres spatiaux-temporels de chaque guerre pour les considérer comme un ensemble. Il en est de même pour la colonisation, en dépit des acquis actuels de l’histoire connectée. Le pari de ce dossier est de dégager l’Indochine et le Maghreb d’approches nationales et/ou bilatérales, centrées sur leurs relations avec l’ancienne métropole. Partant d’un projet comparatif, il aboutit à des propositions, empiriquement fondées, de renouvellement de l’histoire de l’Empire français.

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Pouvoir et territoire au Québec depuis 1850

Harold Bérubé et Stéphane Savard (dir.)
Montréal, Septentrion, 2017, 390 pages.

Depuis l’époque du régime seigneurial jusqu’à l’élaboration du Plan Nord, pouvoir et territoire ont toujours été intimement liés. Comment le pouvoir s’exerce-t-il sur le territoire et, inversement, comment le territoire influence-t-il de façon déterminante le pouvoir? Alors que cette relation bidirectionnelle a parfois été explicitement ou implicitement évoquée dans certains travaux d’historiens, de géographes, de politologues et de sociologues, elle n’a étonnamment jamais fait l’objet d’une réflexion plus globale et synthétique dans le contexte québécois. En réunissant des chercheurs aux horizons multiples, tout en ancrant l’analyse dans une perspective résolument historique, ce collectif entend poser les premiers jalons venant combler cette lacune.

Les Empires ébranlés – La colonisation mise en échec, des rives de l’Uruguay à Diên Biên Phu (XVIIe-XXe siècle)

LAURENT COLANTONIO ET SÉBASTIEN JAHAN (dir.)

Paris, Les Indes Savantes, 2017, 284 pages.

En choisissant de s’intéresser aux mises en échec du colonisateur, les auteurs inscrivent délibérément leur réflexion dans le sillage de celles et ceux qui ont pris sérieusement en compte, dans l’écriture de l’histoire coloniale et impériale, le point de vue des dominés, souvent absent des récits. Le titre choisi illustre leur volonté de mettre l’accent sur les réactions à la pression impériale qui se sont traduites par une remise en cause profonde des choix politiques ou des options stratégiques du colonisateur, au moins de manière provisoire. Tous les articles témoignent, dans leur diversité, à la fois de l’existence de failles dans le dispositif de domination impériale et de l’aptitude de ceux qui le subissent à s’y engouffrer pour conquérir leur liberté, contenir la violence ou améliorer leur sort au quotidien.

A History of the ‘Alawis

STEFAN WINTER

Princeton, Princeton University Press, 2016, 328 pages

La communauté ethnique et religieuse alaouite (ou nusayri), dont les membres les plus connus sont ceux de la famille Al-Assad qui dirige la Syrie depuis les années 1970, «est, de nos jours, l’une des minorités les plus visibles au Moyen-Orient». Les Alaouites, qui forment une branche du chiisme, représenteraient environ 11 pour cent de la population syrienne, soit deux millions de personnes, et vivent principalement dans le Nord, ainsi qu’au Liban et au Sud de la Turquie. Ce livre retrace le parcours de la communauté depuis la naissance de la secte au Xe siècle, jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, en passant par les premières années de la République de la Turquie.

Transposer la France

PAUL-ANDRÉ LINTEAU ET AL.

Montréal, Boréal, 2017, 412 pages

Après la venue des colons à l’époque de la Nouvelle-France, la deuxième grande vague migratoire française vers le Canada s’amorce en 1870 et se poursuit jusqu’en 1914. Pendant ce presque demi-siècle, environ 50 000 Français traversent l’Atlantique à destination du Canada. Si bon nombre de ces nouveaux arrivants choisissent de s’établir en territoire francophone, souvent à Montréal, une grande part d’entre eux s’installent dans l’Ouest, sur les vastes terres agricoles de la Prairie. Pourquoi et comment ces émigrants prennent-ils la route du Canada ? Où s’établissent-ils et comment s’intègrent-ils à la société canadienne ? Telles sont les grandes questions soulevées dans cet ouvrage.

La construction du militaire

BENJAMIN DERUELLE ET ARNAUD GUINIER (dir.)

Paris, Publications de la Sorbonne, 2017, 358 pages

Cultures et identités combattantes en Europe de la guerre de cent ans à la seconde guerre mondiale

Loin de promouvoir l’idée d’un modèle occidental de la guerre, les études réunies dans cet ouvrage examine les relations complexes qu’entretiennent les représentations et les pratiques de la guerre avec les identités individuelles et collectives des combattants. Ensemble, elles invitent à réfléchir au rôle de ces interactions dans la définition et l’évolution des identités militaires, tout comme des valeurs et des normes régissant les relations entre les soldats, et avec le reste de la société. Des lices et champs de bataille de la fin du Moyen Âge aux tribunes de l’entre-deux-guerres, des affrontements de la Révolution aux tranchées de la Première Guerre mondiale, ce livre offre un panorama polychrome et nuancé de la diversité des cultures d’armes, des identités professionnelles et des sentiments d’appartenance caractérisant les figures du soldat européen des temps modernes.

Mes Tablettes. Journal d’un apothicaire montréalais, 1820-1850

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FERNANDE ROY

Montréal, Leméac, 2016, 772 pages

Dans son journal, Romuald Trudeau note ce qu’il lit, voit ou entend dans sa boutique d’apothicaire, rue Saint-Paul, à Montréal. Il entremêle courts et longs récits, racontars, observations personnelles, statistiques, anecdotes et poèmes. On y découvre l’univers culturel d’un jeune professionnel issu d’un collège sulpicien. Ce rare document éclaire avec beaucoup de sensibilité la société bas-canadienne.

Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés, 1500-1789

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BENJAMIN DERUELLE (avec CAMILLE BLACHÈRE, AURÉLIEN RUELLET et PIERRE TEISSIER)

Paris, Atlande, 2016. 576 pages

La période qui court de la fin du Moyen Âge aux Lumières en Europe a été privilégiée par les recherches en histoire des sciences et en histoire des techniques parce que la science classique et les académies ont compté parmi les principaux terrains de recherche de l’histoire sociale et politique des sciences et parce que l’invention technique a été identifiée comme cruciale dans la légitimation des pouvoirs politiques (locaux, centraux) depuis le XVe siècle, en même temps que s’affirmait la figure des ingénieurs, au service des puissants. Ce manuel d’introduction à l’histoire des sciences et techniques investit le coeur de la révolution scientifique – c’est-à-dire le moment où s’impose la nouvelle pratique expérimentale et l’établissement de la vérité scientifique dans le cadre du laboratoire – et cible pour terrain d’exercice majeur un espace situé entre France, Angleterre et péninsule italienne, l’ajout des Pays Bas permettant de faire jouer les échelles en ajoutant un espace plus modeste mais innovant.

Département d’histoire

Le Département d’histoire offre six programmes de 1er cycle, un programme de maîtrise et un programme de doctorat. Il jouit d’une réputation d’envergure internationale grâce au travail et à la réalisation de ses enseignants et de ses étudiants. Ses domaines d'enseignement et de recherche touchent un large éventail de champs spatio-temporels et thématiques, depuis l'Antiquité jusqu'à la période contemporaine et à travers l’histoire des sciences et des techniques, l’histoire du genre, l’histoire du droit, l’histoire des Autochtones et l’histoire sociale, urbaine, politique et culturelle.

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